DDR5 : la crise de la mémoire vive qui ébranle l’informatique en 2026

Crise et hausse des prix DDR RAM

Depuis mi-2025, le marché de la mémoire vive DDR5 traverse une crise sans précédent, avec des prix en flèche qui rendent les PC haut de gamme inaccessibles pour de nombreux utilisateurs. En janvier 2026, la situation reste tendue, impactant aussi bien les particuliers que les professionnels.

Pourquoi une telle pénurie ? L’explosion de la demande en intelligence artificielle en est la cause principale. Les géants du cloud (Microsoft, NVIDIA, Meta, Amazon, Google) accaparent des volumes colossaux de DRAM pour leurs data centers, privilégiant la mémoire HBM, plus performante et plus rentable. Résultat : les principaux fabricants (Samsung, SK Hynix, Micron) ont réorienté jusqu’à 70 % de leur production vers la HBM, au détriment de la DDR5 grand public.

En août 2025, un choc de demande a aggravé la situation : les commandes massives des fournisseurs cloud ont submergé les fondeurs, incapables de suivre. Les taux de satisfaction des commandes sont tombés à 70 %, avec des stocks réduits à 2-3 semaines au lieu de 2-3 mois habituellement. La fin du support de Windows 10 en octobre 2025 a aussi provoqué une vague de renouvellements de parcs PC, accentuant la pression sur les stocks de DDR4 et DDR5.

Des prix qui s’envolent Les chiffres parlent d’eux-mêmes : +172 % sur le marché spot de la DRAM depuis janvier 2025, et des kits DDR5 grand public en hausse de 89 à 130 % entre septembre et novembre 2025. Un chip DDR5 de 16 Go est passé de 7 à 13 dollars en quelques semaines. Même la DDR4, pourtant mature, voit ses prix grimper de +300 % sur certains modules, car les lignes de production migrent vers la DDR5.

Cette inflation touche tous les segments. Les configurations populaires comme la DDR5-6000 CL30 ou la DDR5-6400 CL32, très prisées des gamers, subissent les hausses les plus brutales, dépassant +100 %. Les revendeurs, souvent contraints de vendre à perte, n’ont aucune marge de négociation face aux rationnements imposés par les OEM comme ADATA.

Un marché en tension Dell, HP, Lenovo, Acer et ASUS limitent désormais la quantité de RAM dans leurs PC portables et desktops pour 2026, privilégiant des configurations minimales pour contenir les coûts. ASUS envisage même de produire sa propre mémoire, une première. Crucial, filiale de Micron, a quitté le marché grand public en pleine crise, compliquant encore l’approvisionnement.

Le gaming n’est pas épargné : la pénurie de GDDR7 menace les cartes graphiques RTX 5000 SUPER, avec des rumeurs de GPU livrés sans VRAM. En Europe, les PC préassemblés voient leurs prix augmenter, suivis par le stockage SSD. IDC anticipe un recul du marché PC de 15 à 20 % mi-2026, avec une hausse moyenne des prix de 8 % due à la RAM seule.

Que faire en 2026 ? Les augmentations de capacité annoncées par les fondeurs (15 à 30 %) ne suffiront pas à répondre à la demande croissante de l’IA et à l’arrivée des nouvelles générations de processeurs et GPU. TrendForce prévoit une poursuite des hausses au premier trimestre 2026. La production de DDR4 s’arrêtera progressivement fin 2026, rendant la DDR5 incontournable malgré son coût élevé.

Pour les consommateurs, les conseils sont clairs : acheter avant les prochaines hausses, privilégier la DDR4 tant qu’elle est disponible pour les upgrades à petit budget, ou opter pour des configurations minimales et upgradables. Les entreprises IT, notamment en France et au Portugal, doivent prévoir des budgets hardware en hausse de 20 %.

Un tournant pour l’industrie Cette crise marque un virage : l’IA redéfinit les priorités industrielles, sacrifiant le grand public au profit des data centers. Sans investissements massifs dans de nouvelles usines (prévus pour 2027-2028), les prix resteront élevés. Elle révèle aussi la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, exacerbée par les tensions géopolitiques sur les semi-conducteurs.

Pour les entrepreneurs en software et online business, la virtualisation cloud (Azure, Proxmox) peut limiter l’impact. Cette pénurie pourrait aussi stimuler l’innovation en optimisation logicielle, favorisant les startups agiles. 2026 s’annonce comme l’année de la sobriété hardware forcée.

Crise et hausse des prix DDR RAM